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Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /Oct /2008 19:33
Le souhaitable est possible : les quatre pistes de l'écologie politique

La très grande majorité des élections législatives ou présidentielles récentes dans les pays riches ont été remportées par les partis conservateurs ou libéraux, à l'exception de la Grande-Bretagne, où le Parti travailliste ne revendique plus l'héritage social-démocrate, et de l'Espagne, pour des raisons conjoncturelles liées aux attentats du 11 mars 2004. Allemagne, France, Italie, presque partout la gauche a essuyé des revers électoraux. Au-delà des causes nationales spécifiques, cette série de défaites s'explique également par le fait qu'en matière économique la gauche de gouvernement n'a pas apporté de réponses convaincantes et coordonnées aux défis posés par la mondialisation et le capitalisme financier. Autrement dit, la gauche a perdu la bataille des idées avant de perdre la bataille des urnes.

Depuis que le keynésianisme a montré ses limites dans un cadre national, la réponse de la gauche social-démocrate a largement consisté, au nom de la nécessaire « modernisation » des économies nationales, en un accompagnement de la mondialisation libérale, plus ou moins honteux ou assumé selon les pays (mise en œuvre de la libéralisation des marchés financiers dans les années 1980, ouverture des services publics à la concurrence en Europe, diminution de la fiscalité sur le capital…). A aucun moment les partis sociaux-démocrates n'ont vraiment commencé à construire un projet alternatif coordonné, y compris au niveau européen. Un gouvernement de gauche a-t-il mis des conditions sociales à l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ? Les gouvernements de gauche ont-ils tiré les conclusions des crises financières à la fin des années 1990 pour proposer une re-réglementation du système financier international ? Les gouvernements européens de gauche, lorsqu'ils étaient majoritaires à la fin des années 1990 (Jospin en France, Blair en Grande-Bretagne, Prodi puis D'Alema en Italie, Schröder en Allemagne…), ont-ils fait des propositions concrètes pour lutter contre le dumping fiscal que pratiquent les Etats au détriment de leur capacité à mener des politiques publiques ?

Faute de propositions coordonnées, les projets nationaux de gauche de défense du modèle social, de réduction des inégalités, de lutte contre la pauvreté sont apparus comme peu crédibles et se sont heurté à la clarté du projet des droites qui, lui, n'exige pas de coordination internationale particulière : adapter les modèles nationaux pour les rendre plus « compétitifs » dans le monde tel qu'il fonctionne. Cela revient, partout, à baisser les impôts des plus fortunés pour éviter l'évasion fiscale, à diminuer l'impôt sur les sociétés pour attirer les investissements, à détricoter l'Etat-providence en laissant une place croissante aux compagnies d'assurances, à réhabiliter la « valeur travail » en renforçant par exemple les sanctions contre les demandeurs d'emploi, à réduire le « coût du travail » pour gagner des parts de marché à l'international, etc.

Lire la suite sur http://economie-social.lesverts.fr/spip.php?article341
Par Marie thé
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